Pilotes du samedi, pilotes du dimanche
Depuis l'arrivée du sprint en 2023, certains pilotes sont relativement plus rapides le samedi, d'autres le dimanche. Bagnaia est un pilote du dimanche chaque saison, Martin un pilote du samedi chaque saison. Marc Márquez, lui, ne l'a été que deux ans.

Depuis 2023, chaque week-end de Grand Prix compte deux courses : le sprint du samedi, à mi-distance, et la course du dimanche. On entend souvent qu'un tel est « un pilote de sprint ». Nous avons voulu savoir si c'était mesurable.
La méthode compare chaque pilote à lui-même, le même week-end, sur la même piste. Dans le sprint comme dans la course, nous calculons son rythme, c'est-à-dire la médiane de ses tours roulés à l'attaque, et son retard sur le rythme médian du peloton, en pourcentage du tour. Puis nous soustrayons le retard du samedi à celui du dimanche.
Un chiffre négatif signifie que le pilote est relativement meilleur le dimanche : il perd moins sur le peloton en course qu'en sprint. Un chiffre positif, qu'il est meilleur le samedi. Un tour de MotoGP durant une centaine de secondes, 0,1 % représente environ un dixième de seconde au tour. Seuls les week-ends secs sont retenus, et seuls les pilotes qui en comptent au moins trente.

Les pilotes du dimanche
Joan Mir est le plus net, à −0,185 % sur 38 week-ends, suivi de Takaaki Nakagami (−0,171 %) et de Francesco Bagnaia (−0,124 % sur 60 week-ends). Alex Rins (−0,112 %) et Franco Morbidelli (−0,101 %) complètent le groupe.
Chez Bagnaia, le trait est d'une stabilité remarquable. Il est négatif chacune des quatre saisons : −0,055 % en 2023, −0,085 % en 2024, −0,266 % en 2025, −0,063 % en 2026. Quelle que soit sa forme, il perd moins sur le peloton quand la course est longue. La même régularité se lit chez Mir, négatif chaque saison sur la Honda, de −0,363 % en 2023 à −0,148 % en 2026.
Les pilotes du samedi
À l'autre bout, Marc Márquez est le plus positif, à +0,111 % sur 52 week-ends, devant Aleix Espargaró (+0,101 %), Johann Zarco (+0,096 %), Jorge Martin (+0,077 %) et Fabio Quartararo (+0,074 %).
Martin est, lui aussi, constant : positif chaque saison, +0,094 % en 2023 et +0,063 % en 2024 sur la Ducati, +0,023 % en 2025 sur sept week-ends seulement, et +0,110 % en 2026 sur l'Aprilia. Deux motos, quatre saisons, un même profil. C'est cohérent avec notre classement de l'usure, où Martin perd plus de temps que le peloton au fil de la course chaque saison où il a été mesuré : un pilote qui use davantage ses pneus a intérêt à ce que la course soit courte.
Le cas Márquez
Le chiffre moyen de Márquez cache une histoire en trois temps. Sur la Honda en 2023, il est un pilote du dimanche, à −0,051 %. Sur la Ducati, il devient franchement un pilote du samedi : +0,185 % en 2024, +0,236 % en 2025. En 2026, le trait disparaît, à −0,013 %.
Ce n'est donc pas une signature, comme chez Bagnaia ou Martin, mais une période. On peut avancer des hypothèses : une première saison sur une moto nouvelle, la manière d'aborder un championnat qu'on joue. Les feuilles de temps ne permettent pas de trancher. Elles disent seulement que le Márquez de 2026 ne roule plus comme celui de 2025.
Les limites
Le rythme ignore le trafic, et un sprint, deux fois plus court, laisse moins de temps au peloton pour s'étirer : un pilote parti loin y roule plus longtemps dans un groupe. Les écarts mesurés sont faibles, de l'ordre du dixième au tour, et sur une trentaine de week-ends par pilote, la différence entre deux pilotes voisins du classement n'a pas de sens. Ce qui en a, ce sont les extrêmes et, surtout, la constance d'une saison à l'autre.
[source: https://www.motogp.com]
24 septembre 2026 · Sources : MotoGP.com · statistiques Plein Angle


