Acosta après cent cinquante courses : plus haut que Quartararo, Martín et Bezzecchi au même stade

Une cote unique, valable pour les trois catégories, permet enfin de comparer des carrières qui ne se sont jamais croisées. Voici ce qu'elle dit du pilote le plus attendu du paddock.

Courbes de cote de six pilotes selon leur numéro de course depuis leurs débuts
Visuel Plein Angle

Le paddock pose la question depuis trois ans sans pouvoir y répondre : Acosta à son âge, c'est quoi par rapport aux autres ? Le classement du championnat ne sert à rien pour cela, puisqu'il repart de zéro chaque année et change de sens quand on change de catégorie. Une deuxième place en Moto3 et une cinquième en MotoGP ne se comparent pas.

Les échecs ont réglé ce problème en 1970 avec l'Elo. Nous l'avons appliqué à la course : chaque Grand Prix est traité comme l'ensemble de ses duels, chaque pilote affronte tous les autres, et gagne des points selon la force de ceux qu'il bat. Tout le monde part de 1500 en 2014, et un seul bassin réunit Moto3, Moto2 et MotoGP. C'est ce dernier point qui rend la comparaison possible : un pilote emporte sa cote en montant de catégorie, exactement comme un joueur d'échecs emporte la sienne en changeant de tournoi.

Courbes de cote de six pilotes selon leur numéro de course depuis leurs débuts
Numéro de course en abscisse, toutes catégories : la 1re course d'Acosta est son 1er Grand Prix Moto3 en 2021. Après 150 courses, Acosta est à 1790 quand Quartararo, Bezzecchi et Martín étaient entre 1726 et 1752. · Visuel Plein Angle

Cent cinquante courses, et un chiffre

En abscisse, le numéro de course depuis les débuts en championnat du monde, toutes catégories confondues. La première course d'Acosta est son premier Grand Prix Moto3, en mars 2021 ; la première de Quartararo est son premier Grand Prix Moto3, en mars 2015.

Après cent cinquante courses, la hiérarchie est nette. Acosta est à 1790. Quartararo était à 1752, Bezzecchi à 1751, Martín à 1726 et Ogura à 1672. Après cent courses déjà, l'écart existait : 1701 pour Acosta, contre 1656 pour Quartararo et 1644 pour Martín.

Une seule courbe passe au-dessus de celle d'Acosta dans les premières saisons, et c'est celle de Joan Mir. Ce qui rend son cas d'autant plus instructif.

La chute de Mir, en trois cents courses

Mir monte plus vite que tout le monde jusqu'à sa centième course, où il culmine à 1729. Puis la courbe se retourne : 1602 après cent cinquante courses, 1522 après deux cents. Aujourd'hui, il évolue autour de 1540, très loin de son sommet de 1756 atteint en 2020, l'année de son titre.

Cette forme en cloche est ce que la cote sait faire et qu'un palmarès ne dira jamais. Un titre mondial reste inscrit à vie ; une cote, elle, mesure ce que vaut un pilote maintenant. Les deux informations sont vraies, elles ne répondent simplement pas à la même question.

Bezzecchi offre la trajectoire inverse : le plus lent au départ des six, sous 1500 pendant ses trente premières courses, et une progression qui ne s'est jamais interrompue jusqu'à 1812.

Les plus hautes cotes de l'ère moderne

Les douze plus hautes cotes atteintes, 2014-2026
Tout le monde part de 1500 en 2014 ; les trois premières saisons servent de calibrage. Le sommet de Márquez, 1897, date de 2025. · Visuel Plein Angle

Marc Márquez détient le sommet absolu avec 1897, atteint en 2025 et non pendant ses années de domination Honda. Francesco Bagnaia le suit à 1884, Jorge Martín à 1873.

Acosta, à 1800, est déjà dans les dix premiers de ce classement, avec cent soixante-sept courses au compteur quand la plupart des autres en ont plus du double.

Ce que la cote ne dit pas

Elle suit la moto. Márquez en 2019 pilotait la meilleure Honda, Bagnaia en 2023 la meilleure Ducati, et leur cote en porte la trace. Une cote élevée sur une machine dominante ne vaut pas une cote élevée sur une machine de milieu de grille, et la mesure ne fait pas la différence.

Elle récompense la régularité de l'ordre d'arrivée plutôt que les points. Un pilote qui finit deuxième vingt fois gagne plus de cote qu'un pilote qui gagne treize courses et tombe cinq fois, alors que le second sera champion. C'est pour cela que le champion du monde n'est premier de la cote que six saisons sur douze depuis 2014, et ces écarts sont précisément ce qui nous intéresse.

Enfin, les premières saisons servent de calibrage. Tout le monde étant parti du même chiffre en 2014, il a fallu deux ou trois ans pour que les catégories se séparent d'elles-mêmes, par le seul jeu des promotions. Aujourd'hui, l'écart est stable : la cote médiane est de 1658 en MotoGP, 1559 en Moto2 et 1495 en Moto3. Personne n'a décidé de cette hiérarchie, elle est sortie du calcul.

[source: https://www.motogp.com]

8 septembre 2026 · Sources : MotoGP.com · statistiques Plein Angle

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