Les points que la grille ne promettait pas

Bezzecchi et Martín ont marqué cinquante points de plus que leurs places de départ ne le laissaient attendre. Joan Mir en a laissé soixante-quatre. Voici le classement 2026 que le championnat ne montre pas.

Classement 2026 des points marqués au-dessus ou en dessous de l'attendu de la grille
Visuel Plein Angle

Partir en pole position rapporte en moyenne 15,7 points en MotoGP. Partir dixième en rapporte 7,2. Partir vingtième, 1,5. Ces trois nombres ne sont pas des estimations : ils sont la moyenne de ce que chaque place de grille a réellement rapporté sur toutes les courses depuis 2014.

De cette table naît une question simple. Si l'on additionne, pour un pilote, ce que chacune de ses places de départ promettait, obtient-on ses points ? Presque jamais. L'écart entre les deux est exactement ce qui se passe entre le samedi et le dimanche.

Classement 2026 des points marqués au-dessus ou en dessous de l'attendu de la grille
Chaque pilote est compté sur les seuls départs dont la grille est connue (10 à 17 selon les pilotes). Un abandon vaut zéro point, pas une absence. · Visuel Plein Angle

Trois pilotes très au-dessus

Marco Bezzecchi mène ce classement avec cinquante points de plus qu'attendu : 191 marqués pour 141 promis, sur les treize départs de sa saison dont nous connaissons la grille. Jorge Martín le suit à quarante-sept, Ai Ogura à quarante-quatre.

Le cas d'Ogura mérite qu'on s'y arrête. Le débutant part en moyenne loin, et remonte : 172 points pour 128 attendus. Sa saison ne se lit pas dans le classement du championnat, où il reste derrière les Ducati officielles ; elle se lit ici.

Luca Marini est le quatrième de ce classement, à trente points, ce qui est probablement la statistique la plus surprenante de cette saison. Quatre-vingt-deux points marqués depuis des places de grille qui n'en promettaient que cinquante-deux, sur dix-sept départs.

Et trois très en dessous

À l'autre bout, Joan Mir a laissé soixante-quatre points en route : vingt-trois marqués quand ses grilles en promettaient quatre-vingt-sept. Franco Morbidelli est à quarante-huit points de déficit, Fabio Quartararo à quarante-six.

Ces trois-là ne sont pas lents le samedi. Leurs places de départ valent celles d'un pilote de milieu de peloton solide, et c'est bien ce qui rend le chiffre intéressant : il désigne des dimanches qui tournent mal, pas des samedis ratés.

Francesco Bagnaia, à vingt-quatre points de déficit, est le nom que personne n'attendait dans cette moitié du tableau. Nous y consacrons un article séparé.

Ce que douze saisons permettent de comparer

La mesure vaut aussi pour les saisons passées, et pour les trois catégories.

Les huit saisons les plus au-dessus de la grille et les six les plus en dessous, toutes catégories
En jaune, les saisons de MotoGP. David Alonso en 2024 a marqué 446 points quand ses places de départ en promettaient 227. · Visuel Plein Angle

Le record appartient à David Alonso, en Moto3 en 2024 : 446 points marqués quand ses places de départ en promettaient 227, soit 219 de plus. La deuxième place revient à José Antonio Rueda en 2025, la troisième à Miguel Oliveira en Moto2 en 2018.

En MotoGP, le plus grand écart positif est celui de Marc Márquez en 2025 : 479 points pour 316 attendus, soit 163 de plus, sur vingt-neuf départs. Sa saison 2019 suit de près. À l'inverse, la pire saison de toute la base est celle de Fabio Quartararo en 2025 : 183 points pour 315 attendus, un déficit de 132 points sur trente-six départs.

Que les records positifs viennent tous des petites catégories n'est pas un hasard. Une course de Moto3 se joue en peloton, les places de départ y prédisent moins bien l'arrivée, et un pilote très supérieur au plateau peut donc battre son attendu de plus de deux cents points en une saison. En MotoGP, où la grille protège davantage, un écart de cent cinquante points est déjà considérable.

Comment lire ce chiffre, et comment ne pas le lire

La mesure compare des points à des points, sur les mêmes départs. C'est le piège principal, et il est réglé dans le calcul : nous ne retenons que les courses dont la grille est connue, et le nombre de ces courses est affiché à côté de chaque chiffre. Les feuilles de temps manquent sur une partie de 2026, ce qui explique que certains pilotes soient comptés sur treize départs et d'autres sur dix-sept.

Un abandon compte pour zéro point, jamais comme une absence. Partir troisième et tomber fait partie de ce que vaut la troisième place ; l'écarter donnerait à chaque place l'attendu d'un pilote qui finit toujours.

Enfin, cette mesure ne dit pas pourquoi. Un déficit peut venir des chutes, des pénalités, d'un choix de gomme, ou simplement d'une moto qui ne tient pas la distance quand elle tient un tour lancé. Elle dit où regarder, pas ce qu'on y trouvera.

[source: https://www.motogp.com]

8 septembre 2026 · Sources : MotoGP.com · statistiques Plein Angle

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