Le samedi de Quartararo, le dimanche de sa Yamaha

Cent trente-deux points perdus sur sa grille en 2025, la pire saison de notre base. Et pourtant, quatre places devant les autres Yamaha. Trois mesures pour séparer le pilote de sa moto.

Place de grille moyenne et place d'arrivée moyenne de Fabio Quartararo par saison, 2019-2026
Visuel Plein Angle

Il y a deux façons de raconter la saison 2025 de Fabio Quartararo, et les deux sont vraies.

La première tient en un chiffre : 183 points marqués quand ses places de départ en promettaient 315. Un déficit de 132 points sur trente-six départs, le plus grand de notre base depuis 2014, toutes catégories confondues. Aucun pilote, dans aucune classe, n'a autant laissé en route sur une saison.

La seconde tient en un autre : sur cette même saison, il a fini en moyenne 4,4 places devant les autres Yamaha classées.

Ces deux phrases décrivent le même homme sur la même moto. Elles sont réconciliables, et leur réconciliation est probablement la meilleure description de ce que vit le pilote français depuis quatre ans.

Le samedi, puis le dimanche

Place de grille moyenne et place d'arrivée moyenne de Fabio Quartararo par saison, 2019-2026
En 2025, il part en moyenne 5e et finit 9e : 3,5 places perdues par course. En 2023, l'inverse : parti 12e, il finit 8e. · Visuel Plein Angle

L'axe se lit vers le bas : plus une courbe est basse, meilleures sont les places. La grille est en bleu, l'arrivée en jaune.

En 2019, sa saison de rookie, il part en moyenne 3,9e et finit 5,6e. En 2021, l'année du titre, les deux courbes se rejoignent presque : 3,2 et 3,9. Puis vient 2023 et l'inversion : parti 12e en moyenne, il finit 8,4e. Une moto qui ne qualifie plus, mais un pilote qui remonte.

2025 casse ce schéma. La Yamaha retrouve de la vitesse sur un tour, et Quartararo se qualifie de nouveau devant : 5,2e de grille en moyenne, avec plusieurs poles. Mais il finit 8,7e. Trois places et demie perdues par course, l'exact contraire des deux saisons précédentes.

Points au-dessus ou en dessous de la grille de Fabio Quartararo, par saison
2025 : 183 points marqués pour 315 attendus, soit −132 sur 36 départs, la pire saison de toute la base depuis 2014. · Visuel Plein Angle

Le classement par saison montre le retournement complet. Plus 48 points en 2021, plus 51 en 2022, encore plus 29 en 2023. Puis moins 10 en 2024, et l'effondrement de 2025 à moins 132.

Ce que dit la comparaison avec sa propre marque

La troisième mesure change l'éclairage. Nous comparons chaque pilote à la moyenne des autres pilotes de sa marque, le même jour, sur la même piste.

Écart de Fabio Quartararo à la moyenne des Yamaha, par saison
Une valeur positive : il finit devant la moyenne de sa marque. En 2022, 6,7 places devant les autres Yamaha en moyenne ; en 2026, encore 2,5. · Visuel Plein Angle

En 2021 et 2022, Quartararo finit en moyenne 6,4 et 6,7 places devant les autres Yamaha. Ce sont les deux plus grands écarts de sa carrière, et parmi les plus grands du plateau sur la période. En 2025, malgré la pire saison de la base au regard de sa grille, il est encore 4,4 places devant. En 2026, à ce jour, 2,5 places.

Autrement dit : la moto empire, le pilote continue de faire mieux que ce que cette moto produit entre d'autres mains. Le duel de garage le confirme : trente et une courses devant Álex Rins sur trente-trois en 2025, dix-neuf sur vingt-deux en 2026.

Alors, que s'est-il passé en 2025 ?

Le déficit de 132 points ne vient pas d'un samedi raté ni d'une infériorité face à son propre matériel. Il vient de ce qui arrive entre la grille et le drapeau à damier : des dimanches où une Yamaha qui tient un tour lancé ne tient pas vingt-cinq tours.

Une course le résume. Au Grand Prix de France 2025, chez lui, Quartararo possédait le meilleur rythme de course de tout le plateau. Il n'a pas vu l'arrivée, et Johann Zarco a gagné avec le troisième rythme. C'est la plus grande différence entre le vainqueur et le plus rapide de toute notre base.

Ce que ces mesures ne disent pas

Le déficit sur la grille ne dit jamais pourquoi. Chute, pénalité, choix de gomme, dégradation : la mesure désigne où regarder, pas ce qu'on y trouve.

L'écart à la marque compare des motos qui ne sont pas strictement identiques : une usine et un client ne reçoivent pas le même matériel au même moment, et Yamaha n'aligne pas le même nombre de machines toutes les saisons. Le nombre de courses retenues accompagne chaque chiffre pour cette raison.

Enfin, ces trois mesures commencent en 2014. Elles ne diront rien de Rossi à Yamaha en 2008, et c'est une limite qu'aucune requête ne lèvera : l'archive d'avant est trouée.

[source: https://www.motogp.com]

8 septembre 2026 · Sources : MotoGP.com · statistiques Plein Angle

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