2026, l'année où les courses se jouent à mi-distance
À ce stade de la saison, un pilote MotoGP gagne en moyenne 2,84 places par tour de course, premier tour exclu. C'est le chiffre le plus bas depuis 2014. Et douze fois sur quatorze, le podium final était déjà en place à la moitié de la course.

On parle beaucoup du spectacle en MotoGP, rarement avec un chiffre. En voici un. Nous avons relu, tour par tour, le classement de chaque course depuis 2014, et compté combien de places les pilotes gagnent entre deux passages sur la ligne. Le premier tour est écarté : on y gagne des places au départ, pas en dépassant.
En 2026, à ce stade de la saison, ce chiffre est de 2,84 places par tour. Il n'a jamais été aussi bas en treize saisons.

Treize saisons, un plus bas
Le sommet de la série est 2017, avec 4,73 places gagnées par tour. Les années 2014, 2015 et 2022 tournent autour de 4,2. Le creux précédent datait de 2020, à 3,16. Depuis 2023, la courbe ne remonte plus au-dessus de 3,6 : 3,55 en 2023, 3,27 en 2024, 3,50 en 2025.
2026 passe sous la barre des 3 pour la première fois. L'écart avec 2017 représente près de deux places gagnées de moins à chaque tour, soit, sur une course de vingt-cinq tours, près de cinquante changements de position en moins entre tous les pilotes.
Le Grand Prix d'Allemagne est la course la plus figée de l'année, avec 1,86 place gagnée par tour. Suivent la Hongrie et Saint-Marin, à 2,12, puis l'Autriche, à 2,26. La plus animée a été celle des États-Unis, à 3,89, qui aurait été une course ordinaire en 2017.
Le podium est joué à la mi-course
La seconde mesure est plus parlante encore. Nous avons regardé, pour chaque course, combien des trois premiers à l'arrivée figuraient déjà dans les trois premiers à la moitié de la distance. Trois sur trois signifie que la seconde moitié de course n'a rien changé au podium, sinon peut-être son ordre.

En 2026, la moyenne est de 2,79 sur 3. C'est, là encore, le record de la série : le plus haut précédent était 2,53, en 2014, et le plus bas 2,06, en 2018.
Sur les quatorze courses de la saison, douze ont eu leur podium complet à la mi-course. Les deux exceptions sont le Grand Prix de France, où un seul des trois futurs podiums était en place à la moitié, et Saint-Marin, où deux l'étaient.
Dit autrement : cette saison, un spectateur qui éteint sa télévision au milieu de la course connaît, dans six cas sur sept, les trois noms du podium.
Ce que la mesure ne dit pas
Elle ne dit pas pourquoi. La tentation est grande d'accuser l'aérodynamique, qui rend l'aspiration moins efficace et le pilotage derrière une autre moto plus difficile, ou l'écart qui s'est creusé entre les constructeurs. Ces explications sont plausibles. Rien, dans le comptage des positions, ne permet de trancher entre elles, et nous ne le ferons pas. Le règlement 2027, qui rabote justement l'aérodynamique, offrira une expérience grandeur nature.
Elle ne compte pas des manoeuvres. Un dépassement rendu dans le même tour ne se voit pas dans un classement pris sur la ligne, et un abandon devant un pilote lui fait gagner une place sans qu'il ait doublé personne. C'est une mesure du mouvement dans le classement, pas un décompte de dépassements. Ses défauts sont les mêmes chaque année, ce qui la rend valable pour comparer les saisons entre elles, et pour cela seulement.
Enfin, 2026 n'est pas finie. Quatorze courses sont mesurées, il en reste sept. Pour que la saison remonte au niveau de 2025, il faudrait que les sept soient en moyenne plus animées que la plus animée de l'année. C'est possible. Ce n'est pas la tendance.
[source: https://www.motogp.com]
24 septembre 2026 · Sources : MotoGP.com · statistiques Plein Angle


