Même moto, deux pilotes : le classement dont personne ne parle

Di Giannantonio roule sept dixièmes plus vite que Morbidelli sur la même machine. Martín et Bezzecchi se tiennent à dix-sept millièmes. Le duel de coéquipiers, mesuré sur toutes les courses de 2026.

Écart de rythme entre coéquipiers en 2026, le pilote le plus rapide nommé en premier
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C'est la mesure reine de la Formule 1 et elle n'existe pas en MotoGP. Comparer deux pilotes de marques différentes mélange l'homme et la machine, et personne ne sait démêler les deux. Comparer un pilote à celui qui partage son garage ne laisse que l'homme : même moto, même piste, même jour, même stratégie, même mur des stands.

Nous avons calculé, pour chaque paire de coéquipiers depuis 2016, l'écart d'arrivée et l'écart de rythme dans toutes les courses où les deux ont été classés. La règle des deux classés est stricte, et c'est ce qui rend le chiffre honnête : un abandon n'est pas un écart, c'est une absence.

Écart de rythme entre coéquipiers en 2026, le pilote le plus rapide nommé en premier
Une valeur positive est l'avance du premier nommé, en secondes par tour. Martín et Bezzecchi se tiennent à 0,017 s : la paire la plus serrée de la grille. · Visuel Plein Angle

Sept dixièmes dans le même garage

Le plus grand écart de la saison sépare Fabio Di Giannantonio de Franco Morbidelli : 0,708 seconde par tour, sur dix-huit courses où tous deux ont vu l'arrivée. Le premier a fini devant dix-sept fois sur dix-huit, avec 6,6 places d'avance en moyenne.

Sept dixièmes par tour, sur une course de vingt-cinq tours, font près de dix-huit secondes. Ce n'est pas un détail de réglage, c'est l'écart entre le podium et le milieu du peloton, sur une machine identique.

Pedro Acosta suit, avec six dixièmes d'avance sur Brad Binder et dix-neuf victoires de garage sur vingt. Enea Bastianini est à un demi-dixième près dans la même situation face à Maverick Viñales, neuf fois devant sur neuf.

La paire la plus serrée du plateau

À l'autre extrémité, Jorge Martín et Marco Bezzecchi sont séparés par dix-sept millièmes de seconde par tour. Dix-sept millièmes. Sur seize courses où les deux ont été classés, Bezzecchi a fini devant neuf fois, Martín sept.

Deux pilotes qui se départagent à cette échelle, sur une saison entière, c'est le genre de fait qu'aucun classement ne montre : au championnat, l'écart entre eux se compte en dizaines de points, produit de deux ou trois dimanches et non d'une différence de vitesse.

Ai Ogura et Raúl Fernández sont dans le même cas, à quatre millièmes près, douze victoires de garage à huit. Là encore, la hiérarchie du championnat suggère une différence que le chronomètre ne confirme pas.

Le duel Márquez contre Bagnaia, lui, se joue à 0,344 seconde par tour à l'avantage du premier, treize courses à trois. C'est un écart net, mais deux fois moindre que celui qui sépare Di Giannantonio de son coéquipier.

Les duels les plus déséquilibrés de l'ère moderne

Les dix duels de coéquipiers les plus déséquilibrés, MotoGP 2016-2026
Marc Márquez a fini devant Jorge Lorenzo à chacune des treize courses où tous deux ont été classés en 2019, à 13,1 places et 1,446 s au tour de moyenne. · Visuel Plein Angle

Le record appartient à Marc Márquez et Jorge Lorenzo en 2019. Treize courses où les deux ont été classés, treize fois Márquez devant, 13,1 places d'écart moyen et 1,446 seconde par tour. Une saison entière sans qu'un pilote qui avait gagné trois titres mondiaux ne finisse une seule fois devant son coéquipier.

Enea Bastianini contre Fabio Di Giannantonio en 2022 suit, à 11,6 places. Marco Bezzecchi contre Lorenzo Savadori en 2025 complète le podium, avec vingt et une victoires de garage sur vingt-deux et 1,459 seconde par tour, le plus grand écart de rythme de toute la base.

On notera que Di Giannantonio apparaît deux fois dans ce classement, une fois comme victime en 2022, une fois comme bourreau en 2026. C'est exactement pourquoi le nom du coéquipier doit toujours accompagner le chiffre.

Ce que le duel ne dit pas

Un coéquipier très fort abîme le bilan d'un très bon pilote, et un coéquipier faible flatte un pilote moyen. La mesure est relative par construction : elle dit qui domine son garage, pas qui est le meilleur du plateau.

Elle ne dit rien non plus des courses où l'un des deux n'a pas fini. Un pilote très rapide et fragile peut afficher un excellent écart de rythme sur les rares dimanches où il voit l'arrivée. Le nombre de courses retenues est donc publié à côté de chaque écart, et il faut le lire.

Enfin, deux pilotes d'une même écurie ne roulent pas toujours exactement la même moto. Les évolutions arrivent parfois sur une machine avant l'autre, et le paddock en parle assez pour qu'on le rappelle ici.

[source: https://www.motogp.com]

8 septembre 2026 · Sources : MotoGP.com · statistiques Plein Angle

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